A propos
La forte présence scénique et l’éloquence de Carolina Bianchi, metteuse en scène, auteure et performeuse, lui ont valu une renommée internationale. Avec The Brotherhood – le deuxième volet de sa trilogie Cadela Força consacrée aux violences sexuelles, elle aborde la masculinité comme une fraternité qui rend les hommes intouchables, fait partie intégrante du système qui perpétue la violence à l’égard des femmes, mais continue malgré tout de susciter l’admiration dans le monde des arts. Le théâtre est ici à la fois le sujet, le langage et le dispositif. Il lui permet d’exposer le faux progressisme qui laisse à la masculinité intellectuelle toute latitude pour agir comme un mécanisme d’exclusion. La pièce dépeint l’aversion, mais aussi la fascination que suscite le pouvoir masculin et comment les femmes y font face. Dans un texte intercalé d’extraits de Sarah Kane et Emily Brontë, la pièce se divise en deux actes : le premier est l’interview d’un metteur en scène réputé ; le deuxième voit la scène envahie par un groupe de performeurs masculins. Bianchi et son collectif Cara de Cavalo font dialoguer la fantasmagorie théâtrale et le traumatisme, l’écriture intime et la poésie radicale, les origines de la misogynie et les conséquences du viol, le tout en lien avec la sexualité, la représentation et la performance. La première mondiale, très attendue, d’une production iconoclaste.